Maison de retraite ou maintien à domicile : comment bien choisir ?

Les conseils du réseau Age d’Or Services afin d'aiguiller les seniors et leurs proches.

Publié le 09 novembre 2015


Lorsque, l'âge avançant, on se trouve peu à peu confronté à une perte progressive de son autonomie, vient inéluctablement le moment où la question du maintien à domicile ou du placement en maison de retraite doit être abordée avec ses proches.

  • Mais comment prendre la bonne décision ?
  • Sur quels critères fonder son choix ?
  • Et quels sont les coûts engendrés par ces deux options ?


Le réseau Age d'Or Services, premier réseau privé de services à la personne, livre ici quelques conseils afin d'aiguiller les seniors et leurs proches vers la solution la plus adaptée à leur situation personnelle et à leurs besoins.

Rappelons que le franchiseur du réseau, L'Age d'Or Expansion SA, est filiale du groupe CNP Assurances depuis 2001.

  • http://www.agedorservices.com


Maintien à domicile ou placement en EHPAD(1) : comment prendre la bonne décision ?

Une nette préférence des seniors pour le maintien à domicile

Dans leur très grande majorité, les personnes âgées préfèrent, lorsqu'elles en ont le choix, aménager leur logement de façon à pouvoir rester dans leur environnement, plutôt que de devoir partir en établissement spécialisé. Elles sont en effet plutôt réticentes à l'idée de s'installer en maison de retraite et de devoir quitter leurs habitudes, leurs voisins, leur quartier...
Elles ont parfois l'impression qu'elles y seraient privées d'une partie de leur liberté et de leur autonomie, du fait des contraintes horaires et de leur mauvaise image de la collectivité.
Par ailleurs, le fait de ne pouvoir emporter en maison de retraite la totalité de leurs biens et souvenirs ne les incite pas non plus à privilégier cette option.
Enfin, le coût parfois prohibitif annoncé par certains établissements spécialisés freine les seniors et leurs proches, du fait de leurs ressources bien souvent limitées.

Et pourtant, un placement en EHPAD peut parfois s'avérer indispensable

La plupart des seniors sont conscients que rester chez eux peut présenter un risque pour leur sécurité. En effet, l'avancée en âge nécessite l'installation d'équipements spécifiques dans son logement, notamment pour limiter les risques de chute. Aussi, lorsque les seniors ne peuvent
aménager leur domicile en conséquence, que ce soit parce que c'est impossible ou pour des raisons de ressources, il peut s'avérer préférable, pour leur sécurité, d'envisager l'installation dans un établissement spécialisé.

Mais c'est bien l'état de santé du senior qui doit constituer le critère de choix décisif : si la santé de ce dernier se dégrade ou présente de trop grandes difficultés et contraintes médicales, un placement en EHPAD peut alors s'avérer indispensable. En effet, en cas de forte perte d'autonomie, le coût de l'adaptation du logement et de l'intervention des services d'aide à domicile adéquats pourrait se révéler trop onéreux par rapport aux ressources du senior.

L'environnement familial, un critère à ne pas négliger

Indépendamment de l'état de santé de la personne âgée, des possibilités d'aménagement de son domicile ou encore de ses ressources, un autre critère important à prendre en compte est l'environnement familial : pour permettre le maintien à domicile, les proches pourront-ils visiter la personne âgée facilement et suffisamment régulièrement (plusieurs fois par mois) ? Habitent-ils à proximité en cas de besoin ? Les réponses à ces questions peuvent s'avérer déterminantes dans le choix, afin d'assurer à la fois une parfaite sécurité mais aussi le maintien d'une certaine vie sociale pour la personne âgée.

Bien s'informer sur les aides possibles, une nécessité

Qu'elles résident toujours à leur domicile ou qu'elles soient hébergées dans un établissement spécialisé, les personnes âgées dépendantes peuvent bénéficier de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Cette prestation a pour vocation de les aider à rémunérer les aides à domicile ou, lorsqu'elles sont en EHPAD, à régler une partie du forfait dépendance. Versée par les départements, cette aide spécifique voit son montant modulé en fonction des ressources et de l'état de dépendance du senior. Pour pouvoir en bénéficier, il suffit d'en faire la demande auprès des services de son département, qui disposent ensuite d'un délai de 2 mois pour faire part de leur décision.

Les résidents en maison de retraite les plus démunis peuvent se faire aider financièrement par leur département pour régler leurs frais d'hébergement, par le biais d'une aide sociale à l'hébergement, mais aussi par leur Caisse d'Allocations Familiales, via une aide au logement.

En cas de maintien au domicile, des aides spécifiques existent également :

  • Le crédit d'impôt maintien à domicile : ce dernier peut être utilisé pour faciliter l'aménagement du logement de la personne âgée ou le remplacement d'équipements, mais aussi pour l'emploi d'un salarié à domicile. La réduction d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile est égale à 50% des dépenses retenues, dans la limite d'un plafond. Concernant l'aménagement du logement, le crédit d'impôt est quant à lui égal à 25% des dépenses engagées, également dans la limite d'un plafond.

  •  Le CESU (Chèque Emploi Service Universel) : il permet de payer une prestation effectuée au domicile d'un particulier. Le CESU peut être financé, partiellement ou intégralement, par une entreprise, une caisse de retraite, un comité d'entreprise, ou une collectivité.

  • L'aide sociale. Pour pouvoir y prétendre, il est nécessaire de respecter certaines conditions : être âgé d'au moins 65 ans (ou 60 ans en cas d'inaptitude au travail), avoir un état de santé qui nécessite une aide matérielle pour être maintenu au domicile, enfin avoir des revenus qui ne dépassent pas certains seuils.


(1) Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

Le placement en maison de retraite : quel en est le coût ?

La tarification ternaire des EHPAD

Concernant les EHPAD, les seniors et leurs familles se trouvent bien souvent confrontés à la problématique de l'opacité qui demeure encore quant à la tarification de ces établissements. En effet, en mars 2014, l'étude de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes soulignait la nécessité, pour les maisons de retraite, de rendre encore plus lisibles leurs tarifs pour les familles.

Mais alors, comment s'y retrouver dans les méandres de cette tarification ?
La clé de compréhension réside dans la notion de facturation ternaire des EHPAD. La facturation d'une maison de retraite, qu'elle soit publique, associative ou privée, est en effet divisée en 3 forfaits : soins, dépendance et hébergement.

  • Le forfait soins : du fait de la convention tripartite qui lie les maisons de retraite avec le département et l'Etat, tous les soins qui y sont prodigués sont pris en charge à 100% par l'Assurance maladie. Ainsi, ce forfait est directement versé à la maison de retraite par l'Assurance maladie, et n'est donc pas payé par les résidents. Attention cependant, ce forfait soins n'inclut pas les consultations des médecins traitants et des médecins spécialistes de ville, dont le montant demeure quant à lui à la charge du résident.

  • Le forfait dépendance : ce dernier couvre l'accompagnement dont le retraité a besoin pour effectuer les actes essentiels de la vie quotidienne. Financé en partie par l'APA, il inclut des frais tels que l'aide à la toilette, les protections à usage unique, etc. Ce forfait est modulé en fonction du niveau de dépendance et des ressources du résident.

  • Le forfait hébergement : ce forfait, réglé entièrement par les résidents et leur famille, comprend l'ensemble des frais liés au logement, à l'intendance, au mobilier, à la restauration... Mais il inclut également les salaires du directeur de l'établissement ainsi que du personnel administratif, de ménage et d'animation.


Attention, d'autres dépenses sont à prendre en compte !

En effet, il ne faut pas négliger, dans ce décompte des coûts, les autres dépenses restant à la charge des résidents, telles que les frais liés aux consultations de son médecin traitant ou d'un spécialiste, ceux liés à la télévision ou au téléphone, mais aussi les sorties, les achats de produits de toilette, le coiffeur, etc... Ces dépenses, pourtant annexes, peuvent rapidement faire grimper la note !

Une note finale... plutôt salée

Au final, chaque mois, les résidents doivent donc régler leur part du forfait dépendance, leur forfait hébergement, ainsi que leurs dépenses annexes. Selon l'Observatoire annuel des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, une étude du cabinet d'audit KPMG publiée en 2013, une place en maison de retraite revient en moyenne à 1 857 euros par mois au résident, soit 61 euros par jour.
Mais cette étude souligne également les fortes disparités de coût existant entre l'Ile-de-France et la province : si un résident doit débourser en moyenne 1 819 euros par mois en province, la facture atteint en moyenne 2 242 euros par mois en Ile-de-France !

Des chiffres à rapprocher du montant de la pension moyenne, tous régimes confondus, touchée chaque mois par un retraité, qui s'élevait à 1 256 euros en 2013... Cet important écart explique le fait que la plupart des résidents en EHPAD se voient contraints de toucher à leur patrimoine ou de faire appel à l'aide de leur famille pour payer leur maison de retraite.

Le maintien à domicile : la meilleure solution ?

Face au coût important engendré par un placement en maison de retraite, nombreuses sont les familles qui préfèrent opter pour le maintien à domicile.
Mais ce dernier est-il toujours la meilleure solution ?
Si le maintien à domicile permet au senior de demeurer dans son environnement et de conserver ses habitudes et sa liberté, il a lui aussi un coût qui, comme on l'a évoqué, varie fortement, fonction du degré d'autonomie et de l'état de santé de la personne âgée.

Dans son calcul, il est nécessaire de prendre en compte à la fois les frais engendrés par l'aménagement du domicile, mais aussi ceux liés à l'intervention des services d'aide à domicile. Ainsi, pour permettre un maintien à domicile en toute sécurité, il est nécessaire de mettre en oeuvre différents moyens :

  • Le recours à une aide à domicile : une structure de services à la personne peut proposer aux personnes âgées, selon leurs besoins, l'intervention de professionnels expérimentés et qualifiés pour des prestations telles que l'aide à la personne (afin de lui permettre d'accomplir les actes essentiels du quotidien), l'aide ménagère (pour l'entretien et l'hygiène du domicile), l'accompagnement, etc...
    Le coût pour ces services varie entre 15 et 40 euros par heure en moyenne, suivant le type de service, les horaires effectués et la localisation. Certaines structures proposent également un service de portage de repas, pour lequel il faut compter une moyenne de 8 à 12 euros par plateau.

  • L'équipement du domicile : fonction de l'état de santé de la personne âgée, il est important d'aménager le logement à l'aide d'équipements spécifiques tels que des barres d'appui, un monte-escalier, un dispositif de téléassistance...
    Concernant le coût de ces équipements, il est difficile de donner une estimation juste et complète, les tarifs variant fortement selon le type de matériel retenu, sa qualité mais aussi tout simplement le lieu d'achat... A titre indicatif, un déambulateur peut coûter entre 60 et 100 euros suivant la gamme, une barre d'appui ou de redressement entre 12 et 60 euros en moyenne. Le tarif pour l'installation d'un monte-escalier, quant à lui, peut varier entre 3 000 et 10 000 euros environ, selon les options et le confort choisis, ainsi que selon la configuration du logement.

En conclusion...

Finalement, la meilleure solution entre le maintien à domicile ou le placement en établissement spécialisé sera avant tout celle qui sera la plus adaptée à l'état de santé du senior, à son degré de dépendance, à son environnement familial, mais aussi aux ressources dont il dispose. Ce choix n'est jamais simple pour les personnes âgées et leurs proches, car il nécessite au préalable de disposer de toutes les informations nécessaires à la prise de décision (critères de choix, tarifs, aides possibles, recours existant etc.). D'où la nécessité d'une plus grande transparence sur les différents coûts...