Les centenaires en Maison de Retraite

Les conseils pratiques du groupe SOS Seniors pour bien s’occuper des centenaires

Publié le 05 janvier 2016
Les centenaires en Maison de Retraite

Le Groupe SOS Seniors s'est livré à un exercice très intéressant :
analyser une un public bien particulier de ses établissements, à savoir les centenaires. Ce travail minutieux a été mené par les équipes d'animation des 51 EHPAD du groupe et délivre un nombre important d'informations captivantes. Dans ce premier article puisant sa matière dans l'analyse du groupe SOS Seniors, nous nous proposons de synthétiser des conseils pratiques à destination des professionnels et de l'entourage des centenaires.

Mais au fait, les centenaires, combien sont-ils en France ?

On estime entre 15 000 et 20 000 le nombre de centenaires en France. Mais les données ne sont pas très précises puisqu'il n'existe pas, à la différence du Japon, de registres de population. Au pays du Soleil-Levant, on compte ainsi 36 000 centenaires pour 130 millions d'habitants. Ce pays est le champion du monde de la longévité. Aux États-Unis, on estime à plus de 60 000 le nombre des centenaires qui s'élève à plus de 9 000 en Grande-Bretagne.

Cette augmentation d'une population très âgée soulève une problématique à laquelle notre société n'est pas bien préparée. Au-delà des questions strictement médicales, lesquelles sont peu ou prou correctement gérées, c'est l'aspect social et psychologique qui est le moins bien pris en compte.

Comment bien s'occuper des centenaires ?

1. Faire rire les centenaires.

Des chercheurs de la Temple University de Philadelphie ont interrogé 244 centenaires et analysé ensuite, à partir de ces entretiens, les différents critères définissant la dépression : troubles du sommeil, de l'appétit, tristesse, repli sur soi, etc.

Leurs résultats présentés lors du dernier congrès annuel de la société américaine de gérontologie montrent que beaucoup reste à faire pour améliorer le bien-être des personnes très âgées. Ils ont ainsi pu évaluer qu'un centenaire sur quatre, soit 25% des personnes interrogées, souffrait de troubles dépressifs, alors que seulement 8% d'entre-elles avaient eu auparavant un diagnostic de dépression.

Pour les auteurs, la dépression chez les personnes très âgées est largement sous-estimée alors que ces troubles pourraient être mieux pris en charge !

Constat:

  • La perte du statut social (retraité, ...) ;
  • le remaniement de la vie familiale : les enfants s'occupent de leurs parents ;
  • l'éclatement de la famille (conflits, deuils, décès, ...) ;
  • l'altération de l'estime de soi (transformation du corps, ...) ;
  • le besoin d'appartenance à un groupe

sont autant de facteurs qui peuvent toucher les personnes très âgées.

Conseils :

Porter une attention plus particulière à ces personnes est dès lors primordial !

Si votre établissement a la chance de disposer d'un psychologue dans son équipe, invitez-le à réaliser régulièrement des entretiens individuels avec ces personnes.

Le personnel et les bénévoles de l'établissement peuvent aussi jouer un rôle l essentiel auprès des personnes très âgées en les impliquant dans la vie de l'EHPAD, en leur parlant, en leur proposant des sorties, mais surtout en adaptant leurs activités.

ET SURTOUT CHOUCHOUTEZ LES CENTENAIRES

2. Etre attentif aux centenaires

Quel que soit l'état de santé de la personne que vous aidez, il faut être attentif aux quatre points dit « essentiels » : le poids, l'alimentation, l'hydratation et le niveau d'activité.

Au moindre signe de changement, prévenir le médecin traitant de la personne est le plus judicieux. Soyez particulièrement vigilant en cas de diabète, de maladie cardiovasculaire, de maladie d'Alzheimer, car le risque d'une dénutrition et/ou d'un malaise est plus élevé.

Conseils :

  • Améliorer l'alimentation des personnes âgées, c'est s'intéresser, non seulement au contenu de l'assiette, mais aussi à tout ce qui est autour du repas et qui en fait un moment agréable. La conservation d'un lien social et le plaisir de manger participent à la prévention de la dénutrition et par là-même limitent la perte d'autonomie !

  • Proposer des activités faisant bouger les personnes âgées (gym douce, marche, promenade, ...) : la pratique régulière d'une activité physique améliore le bien-être émotionnel, le bien-être physique, la qualité de vie et la perception de soi.

  • Proposer des activités visant à stimuler les méninges : le déclin des fonctions intellectuelles va, certes, de pair avec le vieillissement, mais exercer une activité intellectuelle permet d'exercer la mémoire et les capacités de réflexion, ce qui renforce les réseaux nerveux. L'activité de l'esprit est aussi importante que l'activité physique.

  • Veiller à informer le personnel des changements de températures afin d'hydrater correctement tous les résidents.

  • Boire un petit verre de vin de temps en temps !

L'effet bénéfique du vin rouge sur les maladies du cœur : l'alcool comme tel, mais aussi les substances anti-oxydantes appelées polyphénols. Dans le cas du vin rouge, le resvératrol est l'anti-oxydant responsable des effets anti-inflammatoires qui diminueraient les risques de maladies cardio-vasculaires. Par ailleurs, le tyrosol et l'hydroxytyrosol seraient les polyphénols contenus dans le vin blanc, et qui auraient également des effets cardioprotecteurs.

3. Donner des projets aux centenaires

Dans la vie il est important d'avoir des projets, des buts à atteindre. Établir avec les résidents, même les plus âgées, une liste de souhaits est une bonne idée.

Exemple : liste des choses à faire avant 100 ans : sauter en parachute, skier une dernière fois, ...

Dans un prochain article, nous vous livrerons quelques secrets qui vous permettront de répondre à la question « Comment devenir centenaire ? »


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