Maltraitances envers les personnes vulnérables : le 3133 devient le nouveau numéro national d'alerte

Un nouveau dispositif national pour signaler les situations de maltraitance

Publié le 28 mai 2026

POINTS CLÉS

  • Le 3133 remplace officiellement le 3977 depuis le 1er mars 2026.
  • Le numéro est gratuit et accessible 7j/7 de 9h à 20h.
  • Un formulaire de signalement en ligne complète le dispositif.
  • Le système SIRENA centralise désormais tous les signalements.
  • Les autorités veulent renforcer le repérage et le traitement des maltraitances envers les personnes vulnérables.

Le Gouvernement déploie un nouveau dispositif national de lutte contre les maltraitances envers les adultes vulnérables avec la mise en service du 3133, un numéro gratuit d'écoute et de signalement accessible partout en France depuis le 1er mars 2026.

Ce nouveau numéro remplace désormais le 3977 et s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre les maltraitances 2024-2027. Accessible 7 jours sur 7, de 9h à 20h, le 3133 permet aux victimes, proches, témoins ou professionnels de signaler des situations de maltraitance concernant des personnes âgées, des personnes en situation de handicap ou des personnes en situation de précarité.

Le dispositif s'accompagne également d'un formulaire de signalement en ligne accessible via la plateforme officielle 3133.gouv.fr et le portail service-public.fr.

Un phénomène encore largement sous-estimé

Selon les chiffres présentés dans le dossier de presse gouvernemental, une personne de plus de 60 ans sur six serait victime d'une forme de maltraitance, même si seule une minorité des situations est effectivement déclarée.

En 2025, plus de 60 000 appels ont été reçus par l'ancien numéro 3977, soit une hausse de 60 % depuis 2021. Parmi eux, plus de 12 000 dossiers ont été ouverts pour des situations présumées de maltraitance.

Le rapport souligne également que 84 % des violences recensées sont dites « invisibles » : violences psychologiques, financières, médicales, négligences ou atteintes aux droits fondamentaux. Les femmes représentent par ailleurs 66 % des victimes signalées.

Des maltraitances qui dépassent les seules violences physiques

Le dossier rappelle que la maltraitance peut prendre plusieurs formes : violences physiques, psychologiques, sexuelles, financières, discriminations, négligences ou encore privations.

La définition légale de la maltraitance concerne toute atteinte portée aux droits, à la santé ou aux besoins fondamentaux d'une personne vulnérable dans une relation de confiance, de soin ou d'accompagnement.

Les situations peuvent se produire aussi bien à domicile qu'en établissement médico-social. Le Gouvernement évoque également les risques de maltraitance institutionnelle liés à des organisations défaillantes ou à des manques de moyens.

Trois piliers pour améliorer le traitement des signalements

Le nouveau dispositif repose sur trois outils complémentaires :

  • le numéro national 3133 ;
  • un formulaire de signalement en ligne ;
  • le système d'information national SIRENA.

Ce dernier permettra désormais aux Agences régionales de santé (ARS), aux conseils départementaux et aux services de l'État de partager un système commun de suivi et de traitement des alertes.

Chaque signalement donnera lieu à l'ouverture d'un dossier tracé dans le temps afin d'assurer un meilleur suivi des situations et une coordination renforcée entre les autorités compétentes.

Des cellules territoriales dédiées au suivi des alertes

La loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l'autonomie prévoit également la création de cellules territoriales chargées du recueil et du traitement des signalements.

Pilotées avec les ARS, ces cellules auront pour mission de centraliser les alertes, de les orienter vers les autorités compétentes et d'assurer le suivi des réponses apportées aux victimes ou aux témoins.

L'objectif affiché par les pouvoirs publics est double : améliorer la protection des personnes vulnérables et renforcer le pilotage national des politiques de lutte contre les maltraitances.

Une campagne nationale pour lever les freins au signalement

Une campagne nationale de communication accompagne le lancement du 3133 afin d'inciter les proches et les témoins à signaler les situations préoccupantes.

Le message porté par les autorités est clair : « Être témoin, c'est pouvoir protéger ».

Le Gouvernement souhaite notamment lutter contre les freins psychologiques au signalement, comme la peur de se tromper, la culpabilité ou la crainte de conséquences familiales.

Le dossier insiste sur le fait qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des certitudes pour alerter : le doute suffit pour contacter le 3133 et être accompagné par des professionnels formés.

Un contexte marqué par le renforcement des contrôles

Ce nouveau dispositif s'inscrit dans la continuité des actions engagées depuis l'affaire ORPEA et le lancement du plan national de contrôle des EHPAD en 2022.

Selon le Gouvernement, plus de 96 % des EHPAD ont déjà fait l'objet d'inspections ou de contrôles. Depuis 2025, un nouveau plan de contrôle concerne également les établissements et services pour personnes en situation de handicap.

Avec le déploiement national du 3133 et du système SIRENA, les pouvoirs publics entendent désormais structurer un dispositif national harmonisé pour mieux détecter, traiter et prévenir les situations de maltraitance envers les adultes vulnérables.