Les établissements de santé privés à but non lucratif en danger?

La Fehap et La Mutualité Française mobilisées

Publié le 06 février 2018

Dans un courrier commun adressé lundi 5 février à la ministre des solidarités et de la santé, la FEHAP et la Mutualité Française dénoncent un projet de décret qui « met en danger la survie même de leurs établissements de santé privés non lucratifs ».

Soumis aujourd'hui à l'avis du Conseil d'Etat, ce décret pourrait provoquer une baisse de 2 à 3 % de leurs recettes qui « serait insupportable pour nos établissements », écrivent les fédérations.

Avec ce décret, les tarifs des établissements de santé privés à but non lucratif seraient minorés par rapport à ceux de l'hôpital public, alors que « nous partageons strictement les mêmes missions et que (...) nous respectons (...) le principe de non dépassement d'honoraires ».

TRAITEMENT ÉQUITABLE

Devant la Commission des Comptes de la Sécurité sociale, le 27 septembre 2017, la ministre avait annoncé, pour 2019, « le remplacement du CICE et du CITS par un allègement de cotisations patronales et le gain net d'1,4 milliard d'euros qui en résulterait pour le secteur privé non lucratif ».

Or, la baisse des recettes prévue par le décret reprendra le bénéfice des aides fiscales et sociales accordées à ces établissements privés, en remplacement du CICE et du CITS. Ces allègements permettent pourtant d'atténuer, en partie seulement, le différentiel de charges sociales et fiscales avec les établissements publics de santé, en vertu d'un « traitement équitable » entre les différents acteurs du secteur hospitalier, comme l'avait expliqué la ministre des Solidarités et de la Santé.

Et les deux fédérations rappellent que ces aides fiscales et sociales leur ont permis de revaloriser les salaires des aides-soignants notamment, pour se rapprocher, sans les atteindre, des rémunérations du secteur public hospitalier.

Enfin, rappellent-elles, « depuis 5 ans, nous avons déjà fait des efforts considérables, de près de 10%, dans l'optimisation de nos moyens et nos marges de manœuvre ont maintenant disparu ».

La FEHAP et la Mutualité Française demandent à la ministre une réponse claire sur « la place qu'elle réserve pour les prochaines années au secteur privé non lucratif ».



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